Madame Elisabeth Nuyts, logopédagogue (pédagogue de la parole) auteur de « l’Ecole des illusionnistes », a reçu le prix Enseignement et Liberté en 2002. Elle s’appuie sur maintenant 40 années de recherches sur le terrain et de va-et-vient entre études de cas, neurophysiologie, psychologie, et pédagogie. Ex-traductrice de conférences puis professeur d’anglais, ce chercheur en pédagogie a découvert comment guérir de la dyslexie, la dysgraphie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dyspraxie, des troubles de la mémoire et du comportement. Elle explique dans ses ouvrages et ses formations comment accéder à la lecture et l’écriture sans ces dysfonctionnements, à la compréhension fine d’un message entendu ou lu, à la mémoire à long terme, à l’orthographe, et aux mathématiques.

     Par le biais de sa Grammaire Structurante, elle montre comment accéder non seulement à la correction de l’expression écrite ou orale mais aussi et surtout à la conscience de soi acteur de ses propres actions situées dans l’espace et dans le temps, et à la conscience des autres. Ce dernier ouvrage très innovant lui a valu d’être invitée par Monsieur de Robien, quand il était Ministre de l’Education Nationale, très intéressé par les conséquences psychologiques et sociales de cet apprentissage conscient.

     Ses recherches lui ont prouvé que la plupart des dysfonctionnements actuels et des phobies scolaires, sont liés à un apprentissage trop intuitif des fondamentaux : lecture, écriture, grammaire, calcul. Pour être conscientes, lecture et écriture doivent partir de l’élément, le b.a.ba pour la lecture, la forme des lettres pour l’écriture, l’analyse du sens pour la compréhension fine, les liens logiques, l’évocation et la reformulation pour l’appropriation des informations et la mémoire à long terme. Il faut de plus que tous les apprentissages soient effectués en parlant. C’est en parlant qu’on accède au travail conscient, à la conscience de ce que l’on voit, de ce que l’on fait, de ce que l’on ressent, de ce que l’on est. Sans parole effective ou intériorisée, on ne peut accéder au raisonnement autonome. Or Elisabeth Nuyts a découvert dès 1992 que cette intériorisation de la parole n’est pas innée. Et elle ne se construit que si l’environnement le permet. C’est à cette construction de l’autonomie de l’être, qu’il soit enfant ou adulte, que son équipe familiale et elle-même se sont consacrés.

     Il y faut des années d’expériences sur le terrain,  des connaissances étendues et variées dans de nombreux domaines, et beaucoup d’attention à chacun. Voilà pourquoi seule cette équipe est habilitée à faire des bilans et des initiations NUYTS-VAILLE. Cette pédagogie a fait l’objet en 2018 d’un dépôt de marque à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle)  sous le nom « Logopédagogie NUYTS-VAILLE ».     

     Certaines personnes enthousiasmées par l’efficacité de la méthode se sont lancées elles-mêmes dans la formation, en se prévalant même parfois de l’appellation NUYTS. Cela n’est juridiquement pas acceptable. De plus sur le plan pédagogique, il convient de préciser que 2 à 3 initiations de 5 jours ne peuvent se comparer à 40 ans de recherches continues en famille, recherches qui d’ailleurs se poursuivent toujours. C’est la rigueur, la profondeur et la continuité de ce travail qui permettent de s’adapter à la diversité des publics rencontrés et de pouvoir répondre à leurs multiples questions. Pour être efficace en tant que formateur en logopédagogie, il faut, en plus de nos initiations, une longue expérience de mise en pratique de nos outils. Il ne suffit pas de reprendre une partie de nos cours et de copier des pages de nos ouvrages. Il faut pouvoir s’adapter à une réalité marquée par la diversité des profils psychologiques, cognitifs et parfois culturels, sinon on dénature l’essence de notre pédagogie. On n’enseigne pas la psychologie après 1 mois ou même 1 an de faculté. C’est pareil pour la logopédagogie. Il faut l’avoir beaucoup travaillée et expérimentée par soi-même dans la durée.

     Le superbe témoignage d’une maman qui avait amené son enfant multidys à notre fille Béatrice, vous permettra de bien saisir l’originalité de notre approche et son efficacité.

     Quand on arrive devant vous, plus de bilans stéréotypés , plus de sentences, plus de gênes, de culpabilités,  … Vous accueillez l’enfant dans toute sa normalité et ses différences, bref tel qu’il est.

     Nul besoin de préliminaires. Juste : « Bonjour, je m’appelle Béatrice et je vais jouer avec toi ». Les jeux se succèdent avec rythme et petit à petit votre enfant adhère, baisse sa garde et se laisse porter. Vous observez l’enfant, notez tout ce que vous analysez sur lui sans que le parent comprenne. L’enfant, regarde, intrigué, se disant que jamais quelqu’un ne s’était autant intéressé à lui. Tous les domaines d’investigation sont explorés par le biais du jeu : gestuelle, verbe, écoute, attention, compréhension, réactivité, concentration, raisonnement, vision, sans qu’à aucun moment une attitude négative ne se dégage de vous. A aucun moment, pendant une semaine, vous n’avez dit « non, ce n’est pas cela » à mon enfant. Votre réponse reste inlassablement « oui, oui, réfléchis : comment tu peux faire ? », « oui, que tiens-tu dans ta main gauche ? oui, alors qu’est-ce que tu en déduis ?, oui, oui, oui … » Alors que depuis son entrée dans les apprentissages, mon enfant entend : « non, non, non, ce n’est pas cela, c’est pas comme ça. » Et il n’a vu que des visages fermés par l’incompréhension, y compris le nôtre. Vous enlevez le poids du « handicap », vous enlevez le poids de la peur de l’avenir. Tout est possible. Enfin le bout du tunnel !

     Alors comprenez que pour les parents, le premier jour c’est difficile d’y croire. C’est difficile de s’entendre dire enfin, au bout de tant d’années de galères, que notre enfant n’a rien de grave, mais que c’est juste une histoire de stimulation du cerveau conscient. Nous, parents, nous le savons depuis des années que notre enfant n’a pas de lésions. Il est différent, bizarre, pas bon en classe. Mais nous ne pouvons pas savoir que notre enfant « dys » n’a pas un cerveau qui fonctionne d’emblée comme il devrait le faire…. Nous ne pouvons pas savoir que l’aire de la parole est centrale dans les modes de fonctionnement conscient des aires de la vue, de l’ouïe, du toucher, de l’odorat et qu’elles se subordonnent. Adultes on apprend que le cerveau est un muscle et qu’il faut l’entretenir. Mais nous ne pouvons pas savoir que c’est d’autant plus vrai pour celui des enfants qui apprennent, et que leurs circuits neuronaux peuvent se créer et se développer avec de bonnes méthodes d’apprentissage qui ont fait leur preuve par le passé. En somme, on ne vous dit pas que c’est récupérable ! Il faut le voir pour le croire. Alors je tenais à vous remercier pour m’avoir fait la démonstration que mon enfant pouvait apprendre comme n’importe quel autre enfant sans une épée de Damoclès au dessus de sa tête, qu’il pouvait s’ouvrir au monde sans aucune souffrance…. Ce fut une évidence pour moi de vous voir faire des choses que j’ai sans cesse imaginées mais que je n’arrivais pas à mettre en forme car il me manquait la connaissance des mécanismes d’apprentissages. Il me manquait VOTRE connaissance.